La périphérie où même les francophones devraient se sentir chez eux ...La représentation francophone en périphérieGéographiesite.carrefour@gmail.comQu’entend-on par Périphérie flamande ?Par Périphérie flamande, l’auteur de l’étude entend les 19 communesles plus proches de Bruxelles. A savoir les six communes à facilités +Asse, Beersel, Grimbergen, Hal, Hoeilaart, Leeuw-Saint-Pierre,Machelen, Meise, Merchtem, Overijse, Tervuren, Sint-Pieters-Leeuw,Tervuren, Vilvorde et Zaventem. Ensemble, ces 19 communesreprésentent près de 400.000 habitants.- Premier constat, la croissance démographique est légèrement plusélevée dans la Périphérie flamande qu’en Région flamande et pour lapériode 2007-2060 la population de l’arrondissement Hal-Vilvordedevrait connaître une hausse quasi aussi importante que celle deBruxelles-Capitale soit près de 30% ! En comparaison,l’augmentation ne serait que de 15% en Région flamande.- Deuxième constat, les prix des logements sont en moyenne de 35%plus élevés qu’ailleurs en Flandre ce qui a pour conséquence que denombreux jeunes ménages flamands délaissent la Périphérie auprofit de la Région flamande ou wallonne.- Troisième constat, la superficie d’immeubles de bureaux adécuplé en Périphérie flamande ce qui témoigne d’un intérêtparticulier pour les entrepreneurs de s’installer à proximité de lacapitale. En comparaison la hausse n’a été «que» de 264% enFlandre. Malgré cela, grâce à la forêt de Soignes et aux nombreuxparcs et jardins privatifs, la périphérie reste toujours très verte etcontinue à attirer de nombreux ménages bruxellois, principalementavec enfants.- Quatrième constat, au niveau de l’emploi, le taux d’activité dépassede plus de 12% la moyenne flamande.Didier Willaert a analysé le caractère flamand de la Périphérie à l’aidede différents indicateurs:- Evolution de la population étrangère- Flux de migration belges et étrangers- Nombre de naissances dans les familles où la languematernelle n’est pas le neerlandais- Evolution du nombre d’élèves allophones dansl’enseignement.Les résultats de l’analyse de ces indicateurs permettent de tirer unenseignement clair : la Périphérie bruxelloise est de moins en moinsflamande. Deux facteurs seraient à l’origine de ce constat : l’arrivéemassive, depuis les années 50, de Bruxellois francophones et ledépart de nombreux flamands vers le reste de la Flandre ou de laWallonie. Et d’après la VUB, ces deux tendances se seraientrenforcées depuis 2003. Mais un autre constat ressort de l’étude. lls’agit d’une accélération rapide de l’internationalisation. Car si laPériphérie est effectivement de moins en moins flamande, elledevient dans certaines communes proches de la capitale, de moinsen moins francophone aussi... Certains Flamands l’ont d’ailleurs biencompris puisqu’ils ne parlent plus de «francisation» de la Périphérie mais bien «d’ontnederlandsing» que l’on peut traduire par une«déflamandisation».Evolution de la population étrangère (1991-2008)Dans les années 90, le solde positif de migration tournait autourde 15.000 personnes par an. De 2000 à 2007 ce chiffre est montéà 38.000 pour atteindre plus de 50.000 en 2007-2008. Près de40% de cette augmentation concernent les 19 communesbruxelloises, mais l’internationalisation toujours plus élevée de lacapitale a un impact direct sur les communes de la Périphérie(Rand). Le pourcentage de ressortissants étrangers est donc deuxfois plus élevé dans la périphérie que dans la Région flamande. Onles retrouve principalement dans les communes à facilités et dansles communes de l’Est et du Sud-Est de la Périphérie.Flux de migration belges et étrangers dans la PériphérieLe solde migratoire total dans la Périphérie est négatif en termed’immigration belge mais positif pour l’immigration étrangère.En quelques années, les installations d’étrangers sont d’ailleurspassées de 1.000 à 2.000. Et le flux d’émigration de la RégionBruxelloise vers la Périphérie est passé de 2.800 en 1999 à 5.600 en2006. Cette progression est à lier à l’augmentation de la populationbruxelloise ainsi qu’à une hausse du solde migratoire étrangerdepuis 2001 sur l’ensemble du territoire belge. Nombre de naissances dans les familles où la languematernelle n’est pas le néerlandaisDans l’arrondissement de Hal-Vilvorde environ 25% des mèresd’enfants nés en 2008 sont de nationalité étrangère. Dans le BrabantFlamand et en Flandre on tourne aux environs de 20%.Evolution du nombre d’élèves allophones dans l’enseignementMalgré une «déflamandisation» constante de la Périphérie, lenombre d’élèves suivant les cours dans l’enseignementnéerlandophone ne cesse d’augmenter (+ 15% en dix ans). Plus de35% des élèves de l’enseignement primaire ne parlent pas lenéerlandais chez eux. Dans les communes à facilités, cepourcentage oscille entre 70 et 100%.Conclusion de Didier Williaert : «l’ampleur des flux migratoiresau départ de la Région de Bruxelles-Capitale continue à fairepeser une lourde hypothèque sur les initiatives politiques visantà promouvoirle caractère néerlandophone de la Périphérie».CQFD ... «Déflamandisation» de la Périphérie.A la demande du Gouvernement Flamand, Didier Willaert, démographe à la VUB a réalisé une étude sur le caractère flamand de la Périphérie (mai 2009) et une autre sur l’internationalisation de la Périphérie (février 2010).Dans son édition électronique de novembre, Carrefour s’était penché simultanément sur ces 2 études et vous en traçait les grandes lignes.Nous vous proposons ci-dessous un résumé.Pour plus de détails, consultez nos éditions de janvier 2011 et de novembre 2010